Iseult regardait autour delle. Elle était seule. Où étaient passés les autres ? Enfin. Elle était seule, et vraiment seule ; pas seulement sans son groupe. Elle avait beau être dans une ville, cétait le silence total.
Dailleurs, à la réflexion, elle navait jamais vu de bâtiments aussi hauts. Et si nombreux. La population devait être très grande, ici. Mais au fait, elle était où ? On aurait presque dit une partie de la ville où elle habitait, mais
cétait moins vivant. En revanche, la technologie y semblait plus avancée. Elle marcha ; elle était sure davoir vu quelquun à la fenêtre du premier étage dun bâtiment non lointain. Soudain, elle vit toutes les fenêtres se fermer, les volets se rabattre. Elle demeura interloquée quelques instants, puis fit volte-face. Un clocher sonnait les quinze heures, au loin.
Une minute, quelle compta, passa.
Des hommes passèrent. Des hommes, et entièrement des hommes. Elle ne voulu pas demeurer à leur vue, et saccroupit derrière un massif florale à moitié fané mais particulièrement bien dissimulant. Ils étaient tous dans une période dâge entre vingt et cinquante ans. Assez vaste, comme période, songea Iseult. Des militaires ? Peut-être. Ils étaient tous coordonnés dans leurs mouvements, et semblaient chercher quelquun. Soudain, lun dentre eux, un brun aux yeux noirs et enfoncés dans son visage, cria quelque chose dans une langue quelle ne comprit pas.
Non, la seule chose quelle comprit, cest quil allait lui arriver des problèmes, étant donné que cétait elle quil avait désignée en criant, et que tous abordaient le même sourire sadique.
~~~~~
Nageki tira.
Il tira à tous hasards, espérant quun animal témoignerait dune présence. Mais non. Ils étaient tous les deux, avec Anissa. Elle ne lavait pas lâché durant létrange tourbillon, et lui lavait attrapée lorsquil avait vu que ça ralentissait. Ils avaient un avantage, tous les deux ; ils étaient armés.
« Mais où est-ce quon a atterrit ?! »
Anissa haussa les épaules à la question de son partenaire. Elle ne le savait pas plus que lui. Cependant, elle avait remarqué quils étaient au beau milieu dun bois. Il devrait y avoir de la faune ici. Ou au moins de la flore autre que des stupides arbres. Car des troncs marron avec des ramages de feuilles vertes au dessus, ça oui, il y en avait. Mais comme forme de vie pour se nourrir ou parler, ce nétait pas génial. Car jusquà preuve du contraire, les arbres ne possède pas de sang. Et elle navait jamais essayé de se nourrir avec celui des animaux, ça marcherait peut-être ? De toutes manières, Nageki était humain. Il avait besoin de viande.
« On fait quoi ? »
Il la regarda, et regarda les deux armes qui pendaient de sa ceinture.
« Tu ferais mieux de tarmer. On va avancer et chercher. »
~~~~~
Eleanor était perdue.
Elle était assise au beau milieu dune plaine, sur une pierre chaude. Le soleil lui tapait sur la nuque, mais ça ne semblait pas la déranger autant que ça. Elle regardait, lair absent, une misérable fleur perdue au milieu des herbes jaunies. Elle ferma les yeux, et essaya de se rappeler pourquoi elle était là.
Ha oui.
Elle devait faire quelque chose avec Keith. Elle avait un but. Ca y est, elle sen souvenait. Toutes les deux devait mettre fin à ça. Mais elle ne voulait pas lui faire de mal, en fait
ça faisait si longtemps quelle connaissait cette personne. Pourquoi elle en était obligée, dailleurs ? Ca ne pouvait pas attendre ?
Ou alors ça ne pouvait pas être annulé ?
Non, elle ne pouvait pas. Elle devait le faire, point final. Et tant pis pour les conséquences. Elle se ferait sans doute haïr, mais elle préférait ça à ce que les gens meurent à cause dune erreur.
~~~~~
Sanders insulta larbre dans lequel il venait datterrir.
« Tain, tu pouvais pas être autre part, connerie darbre ?! »
La forêt à perte de vue. Ha. Quoi que, non. La forêt à perte de vue du côté sud. En revanche, du côté nord
Oups.
Des gros panaches de fumée noire sélevaient dans le ciel, tandis que les flammes orangées gagnaient du terrain vers lui.
« Merde. »
Le vent soufflait dans sa direction, en plus. Vraiment, il avait une poisse phénoménale. On pourrait presque en faire une attraction. Dailleurs, il
BANG !
Il sursauta.
« Rah, ça, cest le fou de la gâchette ! »
Cela voulait dire, au moins, quil nétait pas loin. Il descendit de la cime sur laquelle il était douloureusement tombé, et sarrêta à mi-hauteur du grand pin. Enfin, il pensait que cen était un. Il nétait pas très sur. Ha, les voila ! Ils marchaient vers le sud, en plus.
« Ho héé ! »
Anissa et Nageki se retournèrent. Ils brandirent leurs armes dun même mouvement vers le vampire, qui sauta à terre.
« Hé, doucement. Vous allez tout droit vers un feu. »
Nageki regarda Anissa. Celle-ci se retourna, et se mit à courir. Elle ne mit pas plus de cinq minutes pour revenir, mais ces cinq minutes restèrent tendues, tandis que lAnge tenait encore Sanders en joute.
« Je confirme. »
Il eut un sourire.
« Bon, jpropose une trêve. Juste le temps quon retrouve nos équipes respectives. »
Il fusilla Anissa du regard, qui ne cilla pas. Nageki, en revanche, abaissa son arme. Il réfléchissait.
« Et on y gagne quoi ?
- Ben, au moins, on sera plusieurs.
- On est déjà deux.
- Peut-être, mais aucun dentre vous na jamais vécu dans des endroits autre que des maisons.
- Ca, cest pas faux, marmonna Anissa.
- Bon, okay. Mais attends-toi à être descendu au moindre faux pas.
- Ca métonnerait. Keith vous en voudrait et vous massacrerez dès quelle lapprendrait. Elle est vraiment hystérique, quand elle le veut, railla Sanders. »
Nageki soupira. Il avait raison, en plus.
~~~~~
Dan grogna. Il était en mauvaise posture. Keith lavait retrouvé, et frappé à la tête. Il ne lavait même pas entendue, un comble ! Il avait été tellement déstabilisé par ce monde désert quil navait pas fait attention aux bruits.
« Crétin de roux. Tavances, oui ? »
Il grogna. Elle prenait un plaisir certain à le narguer. Il était encore sonné, et elle le faisait avancer en le menaçant avec une arme. Il la reconnaissait vaguement, cétait larme avec laquelle la petite poulette albinos avait tuée Joddie.
« Et on va où ? »
Ils étaient dans une ville. Déserte. Ou plutôt, personne ne se montrait, mais les jardins étaient trop bien entretenus pour que ça soit une ville fantôme.
« Chercher quelquun. »
~~~~~
Lewis fit encore mieux que les autres.
Il se retrouva sur le lit dun homme, alors que celui-ci dormait. Il faillit sétrangler de joie en voyant que cela ne lavait pas réveillé, et entreprit de se relever sans quil le fasse. Vu la décoration de la pièce, il devait être riche et influent. Ou seulement riche. Il avisa la fenêtre, et se dit que si cet homme dormait, cest quil devait être la nuit. Il ouvrit donc avec une très grande précaution la vitre, le grincement dissimulé par les ronflements les plus sonores quil navait jamais entendu.
Il monta sur le rebord de la fenêtre, et entrouvrit les volets.
Aussitôt, lhomme se réveilla.
Il comprit immédiatement son erreur ; il faisait jour. JOUR ! Et il était piégé. Quil descende ou pas. En bas, il y avait une foule immense, qui entourait une jeune fille
Iseult ! Mais il neut pas le temps de regarder ce quils faisaient que déjà il était tiré en arrière par le col.
Ça sannonçait très mal.
~~~~~
Iseult se débattit. Elle avait mal. Deux des gardes lempoignaient de manière peu délicate. Elle mordit même lhomme à sa gauche, tandis quil lui donna un coup. Elle entendit un craquement au niveau de sa mâchoire, et jugea plus intelligent de ne plus bouger et de se laisser traîner, la bouche ensanglantée.
Elle finit par être transportée devant
une femme. Elle se serait attendue à voir un homme, étant donné quil ny avait que ça dans les rues. Elle cracha du sang à ses pieds dans un éternuement, et se prit un autre coup. Dans lestomac.
Cela lui coupa immédiatement la respiration. Elle tomba à genoux, cherchant désespérément de lair. Elle releva des yeux brouillés de larmes vers la femme, et vit quelle souriait. Elle la vit donner des ordre, crier a un des hommes de venir. Puis, elle laissa place a
lhomme quelle avait appelé.
Si elle était petite et brune, lui était grand et châtain. Elle avait les cheveux courts et un tailleur élégant dun beige clair, tandis que lui était vêtu dun costume si noir et si propre quon aurait dit quil allait à son mariage. Elle reprenait du souffle, haletante. Elle recracha le sang qui envahissait sa bouche, consciente quelle allait finir affamée, et se redressa. Le bas de son visage était recouvert de ce liquide collant. Pour la première fois, elle ressemblait vraiment à un vampire des contes pour enfants. Un garde allait de nouveau la cogner, et elle attendit son sort, incapable de bouger.
Elle hurla.
Le coup lavait atteinte à larrière du crâne. Sa vue se brouillait, et elle neut dans son champ de vision quune chevelure blonde.
« Lewis
» murmura-t-elle, avant de sombrer.
~~~~~~
Nageki tira.
Anissa soupira, et Sanders, qui les suivait les mains dans les poches, eut un sourire narquois.
« Hé, javais bien dis que cétait un fou de la gâchette.
- Tais-toi. »
Lordre du japonais avait claqué. Il se retourna, et tira une seconde fois. Un oiseau énorme, quAnissa aurait jugé impossible si elle navait pas aussi faim, tomba par terre avec un bruit de craquement dos.
« A table. »
Il se mit à courir, et revint avec larbre quil avait abattu. Il était mince, mais haut. Une balle avait suffie à le couper en deux.
Sanders restait assis, tandis quAnissa, désignée à lunaminité par deux garçons qui navaient pas envie de faire « un travail de fille » daprès eux, était en train de cuisiner loiseau. Enfin. Elle essayait de le faire cuire dans le feu quavait fait Nageki et le vampire. Le chasseur était dailleurs en face de ce dernier, et le regardait plus ou moins discrètement.
« Mh ? Un problème ?
- Pourquoi tes avec nous, au fait ?
- Car vous êtes armés et que cest pratique pour se défendre.
- Contre quoi ?
- Jen sais rien. Justement. »
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Dan et Keith marchaient. Ils étaient sortit de la ville ; il était inutile dy demeurer. Ils avaient croisés des militaires qui navaient pas lair sympathiques. Ils étaient donc allés dans la direction opposée, qui les avait conduits dans des chemins tortueux et vils. Des fourbes trous, parfois dissimulés, étaient toujours là pour leur tordre les chevilles. Or, ce dont ils avaient le plus besoin, cétait leurs chevilles, justement. Ils ne se parlaient pas. Keith avait changé de vêtements ; elle avait remplacé ses habits valant de façon certaine très cher par des vêtements plus pratiques, trouvés dans une boutique. Vide. Comme tous les bâtiments. Elle avait maintenant Dan sous la menace de larme, même en se changeant. Enfin, elle sétait débrouillée pour ne pas quil file, en gros.
Soudain, elle tomba à terre. Une jeune fille était assise à califourchon sur elle, un sourire moqueur digne de Sanders collé aux lèvres. Ce fut la première comparaison qui vint à lesprit de Dan, toutefois. Ensuite, il remarqua sa peau mate, qui contrastait avec sa chevelure dorée qui séchappait de dessous sa cape. Des yeux verts brillaient sous son capuchon, tandis que ses mains qui semblaient habiles volèrent le pistolet que tenait la femme vampire.
Elle prononça un mot dans une langue que Dan ne comprit pas, et, sous la menace dune autre fille cette fois, se résigna à lever les paumes comme elle devait sans doute lui demander.
« Tu parles notre langue ? » demanda-t-il en articulant clairement.
Elle parut interdite quelques instants, puis fut épouvantée. Elle se mit à crier des paroles toujours aussi compréhensibles, et se releva. Keith se massa les mollets, et grogna. La petite se mit à hurler de plus belle, puis elle continua de jacasser dans ce flux de paroles. Il était impossible de connaître quand est-ce quelle arrêtait ses phrases, étant donné que les seules pauses quelle se permettait étaient lorsque son manque doxygène était intenable. Dan isola quelques mots, comme « méchant », « mauvaise langue ». Il en conclue quune autre espèce parlait une langue semblable à la leur et quelle nétait pas très aimée de cette gamine.
« Mais quest-ce quelle a, cette folle ? » marmonna Keith en se relevant.
Elle continua de crier, puis sarrêta dun coup. Elle regarda derrière elle, en direction de la ville. Puis, elle se retourna vers les deux adultes.
« Vous venez de la ville ? Vous êtes des Favoris, hein ?! »
Dan neut pas le temps de répondre quelle fit le geste préféré de Nageki, à savoir presser la gâchette en direction dun vampire.
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